Torres del Paine : PART II

Donc, après notre première nuit dans le grotte nous nous sommes levé de bonne heure, avons réorganisé les sacs (tout ce qui était affaires de couchage, de cuisine, vètements, .. restaient dans la grotte pour l’instant) et avons entamé la première approche de la Cathedrale. C’était une approche non négligeable et plus longue que nos estimations. Mais après deux heures à parcourir les pierriers, ces champs de blocs granitiques allant du gravier à la taille d’un camion, nous arrivons enfin au pied du mur.

Hé ben … c’est haut ! Au pied du mur tout est recouvert de neige et il y a des petits cratères dus aux chutes de pierres un peu partout, il vaut mieux ne pas traîner an bas …

La première longueur ne semble pas évidente et délicate à protèger.

– Sèan : « Bon, qui y va ? »

– Steph : « Aller vasi Sèan, ouvre la danse ! »

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Petit historique du Cerro Catedrale et clarification de notre objectif :

La voie que nous comptions grimper s’appelle « la Escoba de dios » (le balais de dieu). C’est la ligne la plus évidente qui passe en plein milieu. En 1992, quatres artificiers américains arrivent au sommet pour la première fois via cette voie. (est ce que ce sont eux qui ont ouvert et nommé la voie ainsi, je l’ignore).

- Artificier : grimpeur qui s'aide de matériel et d'astuces pour passer les sections qu'il n'arrive pas à grimper.

Il y a trois ans, un américain et deux british (des potes à Sèan et Steph par ailleurs) ont tenté de libèrer la voie.

- Grimper une voie en libre signifie grimper toutes les sections et arriver au sommet en ne s'aidant uniquement et uniquement seulement du rocher et des prises naturelles. Bien sûr on utilise du matériel mais uniquement pour se protèger en cas de chute, pas pour s'aider à progresser.

À un tier de la voie ils ont commencé à ouvrir un nouvel itiniraire car la ligne par où passait la Escoba ne semblait pas se grimper en libre à cet endroit. Mais ils ont vraiment eu des conditions extrêmes et une nuit le vent à cassé un de leur portaledge … ils ont donc été forcés de redescendre. Du coup, personne n’avait encore réussi à grimper le Cerro Catedrale en libre, d’où notre venue. Libèrer la Cathédrale par la Escoba de Dios était le Big Goal !

(Voici le film de leur tentative, ils ont donc appelé leur variante « Los Fabulosos Dos » : http://www.vimeo.com/9479710 )

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DONC, Sèan se lance. Les trentes premiers mètres sont faciles mais le rocher est de mauvaise qualité et les protections rares. Et puis, Sèan arrive au niveau de deux fines fissures qu’il a du mal à négocier. Il ne voit pas trop par où aller, il hésite, ça lui prend un certain temps pour se décider mais finalement, il engage ! On le voit faire un mouvement aléatoire vers une prise cachée, il crie mais ne lache pas. Yes, il semble que le plus dur de cette première longueur soit fait. Peut après il arrive sur une petite plateforme où il installe son relais, 60 m au-dessu de nous. Il était temps car il ne restait presque plus de corde. Première longueur libèrée !

Ca ne servait à rien de monter à trois pour l’instant (à part perdre du temps, et en Patagonie, le temps de grimpe est aussi précieux que la nourriture) et Steph n’étais pas très motivé par le début de la voie du coup c’est moi qui ai rejoins Sean pour continuer.

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Notre stratégie :

Il y a plus ou moins 30 longueurs pour atteindre le sommet. Nous savions qu’il y aurait des longueurs dures qui pourraient nous résister peut être plusieurs jours. On avait des infos sur les longueurs jusqu’au point le plus haut de « los fabulosos dos », c’est à dire un peut moins des 2/3. Personne n’avait encore été plus haut par là et il se pouvait qu’on tombe sur un cul de sac …

Pour nous donner un maximum de chances de libèrer la voie nous allons donc monter dedans pendant plusieurs jours, le temps d’atteindre le sommet ou dans le cas contraire, de manger toute nos provisions. Ca évite de devoir se tapper la marche d’approche et de gagner BEAUCOUP de temps.

La technique :

Nous avions avec nous 250 mètres de cordes statiques. Dans un premier temps nous fixons les 250 mètres (du sol jusque disons 250m plus haut) (fixer = laisser la corde en place). Ensuite, une fois que nous avons fixé tout ce que nous pouvons, on hisse tout le matériel pour pouvoir rester et vivre sur la parois (portaledges (tentes suspendues), nourriture, eau, vètements, matos, …) et on installe un camp suspendu au meilleurs endroit possible.

Au fur et à mesure que l’on hisse longueur par longueur, on récupère les stat pour pouvoir fixer les longueurs suivantes.

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En fin d’après midi, nous avions déjà réussi à fixer presque toutes nos cordes et surtout libèrer toutes les longueurs jusque là ! Hum, seulement deux jours après avoir quitté la ville et nous étions déjà près à monter dans la voie. Bonne cadence ! Nous arrivons à la grotte pile à l’heure pour le repas que Stéphane nous avait préparé ! Il est impressionné que nous « soyons » déjà si haut.

Le lendemain nous sommes redescendu tout en bas de la vallée pour aller chercher le reste de nos affaires que nous avions laissé derrière nous. Encore un bon petit marathon ! Mais on avait trop de trucs à remonter et la météo était tellement bonne que nous ne voulions perdre aucune journée de grimpe possible. Nous avons donc payé un porteur pour qu’il nous monte 40 kg de nourriture au camp Britanico. Au début je n’aimais pas trop cette idée mais il fallait mettre toutes les chances de notre côté !

Nous nous échangons les sacs tout au long de la montée car il y en a un qui est juste insuportable à porter, le gros haul bag. C’est un cylindre à bretelles qui pèse 5kg à lui tout seul car il est fait de matière très résistante pour pouvoir être hissé sur le mur. En plus, avec les portaledges à l’intérieur qui dépassent de une tète la tête de celui qui le porte, il est super instable et t’emporte au moindre faux pas.

Arrivé à Britanico nous avons encore essayé de prendre un peu du sac que le porteur avait amené mais impossible de tout prendre en un coup. On cache le sac et quelqu’un viendra le chercher le lendemain. Les dernières heures jusqu’à la grotte étaient bien lourdes…  c’est moi qui me tappais le sac à patates et sur les 500 derniers mètres je m’arrêtais tous les 10 m.

Le lendemain grasse mat, jour de repos.

HheMm … bonne blague ! Il faisait grand beau (limite trop chaud) et comme le dit toujours le grand Sèan : « quand il fait beau en Patagonie c’est que le mauvais temps arrive » ! Alors PAS DE REPOS et AU BOULOT !

Sean et Steph sont partis sur le mur, remonter les 5 longueurs fixèes pour fixer encore trois longueurs avec une corde qu’on venait de remonter. Moi je suis allé rechercher le reste de nourriture laissée derrière. De retour à la grotte j’ai remplis le petit haul bag, et puis j’ai éte faire un premier hissage. Sean et Steph étaient occupés à travailler une longueur bien dure qui avait l’air des plus teigneuse.

Le soir, dernier repas à la grotte. Deux longeurs ont résistée aujourd’hui. Demain, nous quitterons le sol !

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